Tchavolo Schmitt
“C’est lui notre maître, notre maître à tous. C’est Django Reinhardt”. La filiation est posée dans un grand sourire, Tchavolo Schmitt ne cache pas ses influences.
Le musicien est né en 1954 à Paris. Son père est violoniste mais à 6 ans, il a déjà une guitare dans les mains et apprend tout seul à en jouer. Sa rencontre avec la musique de Django se fera rapidement. “J’avais neuf ans, j’ai découvert Django sur l’album réalisé à Bruxelles en 1953. Je ne savais pas qu’il jouait aussi sur une guitare acoustique. Je suis tombé amoureux de ce son-là à travers Django et Montagne”.
Il est encore gamin mais les Manouches l’invitent déjà à jouer avec eux, dans les bars parisiens de Ménilmontant, Montreuil ou de Saint-Ouen. Il y fera ses premières armes, ses premières impros, esquissera son style.
A l’âge de 11 ans, il part s’installer à Strasbourg pour se rapprocher de sa famille. En terre Alsacienne, c’est un retour aux racines. Il continue de jouer et d’affirmer son style, parcours les routes de la région de festivals en festivals, en duo avec son frère Gogo. Et puis au détour de l’un d’entre eux, les deux frères rencontrent Wedeli Köhler et les autres musiciens du Hot Club da Sinti, Schmeling et Jani Lehmann. On est en 1979, Tchavolo a 26 ans. Il les rejoint et passe en même temps professionnel. En 1981, le groupe sort l’album “Wonderful”, désormais introuvable.
Le groupe se sépare peu après, et la carrière de Tchavolo se fait plus discrète pendant une dizaine d’années.
C’est dans une salle obscure qu’il réapparaîtra aux yeux du public. En 1992, au cour d’une démonstration de virtuosité lors une scène de mariage dans Latcho Drom, du réalisateur Tony Gatlif, rencontré la même année. Gatlif dira de lui: “Quand la main de Tchavolo court sur le manche, on dirait un oiseau qui s'envole". La carrière du musicien est relancée de plus belle, et son public s’élargit. En 1993 sort l’album Gypsy Reunion avec le groupe éponyme, suivi de son premier album solo, Miri Familia. Le succès va crescendo et son rôle de professeur dans Swing, du même Tony Gatlif, en 2002, enfonce le clou de sa notoriété. L’album de la bande originale reçoit un bon accueil critique et se vend bien. Suivront Mémoires, et le dernier en date, Loutcha, en 2004.